Le Linceul de Turin, ce célèbre drap de lin qui porte l’image d’un homme crucifié et que beaucoup considèrent comme le suaire de Jésus, continue de fasciner le monde. Une nouvelle recherche scientifique, publiée début avril 2026, apporte des éléments concrets sur son histoire ancienne.

De quoi parle cette nouvelle étude ?

Dirigée par le professeur Gianni Barcaccia, généticien et spécialiste en génomique à l’Université de Padoue (Italie), l’étude a été publiée sous forme de prépublication en mars 2026. Elle s’appuie sur des échantillons prélevés officiellement sur le Linceul en 1978 et fournis par le professeur Pier Luigi Baima Bollone (spécialiste de médecine légale, décédé avant la publication de cet article).

Les chercheurs ont réalisé une analyse métagénomique : ils ont étudié non seulement l’ADN humain, mais aussi le « microbiome » (l’ensemble des micro-organismes présents sur le tissu).

Les principaux résultats

Cette nouvelle recherche confirme les données déjà publiées en 2015 par la même équipe dans la revue Scientific Reports :

  • Environ 55,6 % des traces d’ADN humain proviennent du Proche-Orient (Near East).
  • Près de 38,7 % sont liées à des origines indiennes.
  • Moins de 5,6 % correspondent à des origines européennes.

Un haplogroupe particulier, le H33, a été identifié. Il est fréquent dans le Proche-Orient et particulièrement répandu chez les Druzes, une population qui partage des liens génétiques avec les Juifs, les Chypriotes et d’autres groupes levantins (Palestiniens, Syriens…).

Mais l’apport principal de l’étude 2026 concerne le microbiome :

  • Les scientifiques ont détecté une grande variété de micro-organismes présents sur la peau humaine.
  • Ils ont surtout trouvé des archées halophiles (micro-organismes qui se développent dans des environnements extrêmement salés) et des champignons.
  • Ces organismes sont typiques des zones très salées, comme les abords de la Mer Morte.

Selon les auteurs, cela suggère que le Linceul a été conservé ou stocké pendant une période dans un environnement salin, compatible avec la région du Moyen-Orient.

 

Un voyage à travers l’histoire

Le linceul n’est pas apparu soudainement en France au XIVe siècle. L’étude montre qu’il a probablement suivi un long parcours :

  • Le lin utilisé pour le tissu pourrait venir d’Inde (de la région de l’Indus). Le mot grec « sindôn » (qui désigne le linceul dans les Évangiles) pourrait être lié à « Sindh », une région réputée pour ses tissus fins de grande qualité.
  • Des commerçants romains ou des routes commerciales antiques reliaient déjà l’Inde à la Méditerranée.
  • Le drap aurait ensuite passé du temps au Moyen-Orient, où il aurait été en contact avec des populations locales (Juifs, Druzes, Syriens, Palestiniens…).
  • Un groupe génétique particulier appelé H33, fréquent chez les Druzes et dans le Proche-Orient, a été identifié.

La présence de micro-organismes adaptés à l’eau très salée renforce l’idée que le linceul a pu être conservé ou stocké près de la Mer Morte à un moment de son histoire.

Pourquoi c’est important ?

Cette étude ajoute une pièce importante au puzzle :

  • Elle rend plus crédible l’idée que le tissu est ancien et qu’il vient d’une région compatible avec la Palestine du Ier siècle.
  • Elle confirme que le linceul a voyagé longtemps et a été manipulé par de nombreuses personnes de cultures différentes.
  • Elle s’appuie sur des analyses réalisées à partir d’échantillons prélevés en 1978, complétant des travaux antérieurs (notamment une étude de 2015).

Le professeur Pier Luigi Baima Bollone, spécialiste de médecine légale décédé récemment, avait déjà travaillé sur le sang du Linceul (groupe AB) et fourni des échantillons pour ces recherches.

Cette nouvelle étude ADN ne clôt pas le dossier, mais elle enrichit le débat en apportant des données objectives sur son parcours géographique : Inde possible pour le lin, Moyen-Orient pour son histoire ancienne, puis Europe.

Pour les croyants, elle renforce le lien avec les origines chrétiennes au Proche-Orient. Pour les scientifiques, elle montre à quel point un simple morceau de tissu peut raconter une histoire complexe de commerce, de migrations et de contacts humains à travers les siècles.

Le Linceul de Turin reste l’un des objets les plus étudiés et les plus mystérieux de l’histoire. Chaque nouvelle recherche nous rappelle que son secret n’a pas encore été entièrement dévoilé.

Source : https://www.vaticannews.va/en/church/news/2026-04/dna-research-confirms-shroud-of-turin-s-passage-middle-east.html